Cotisations sociales, LMP et CFE
Un loueur en meublé peut devoir trois choses qui n’ont rien à voir entre elles. Les prélèvements sociaux, sur le bénéfice imposable : 18,6 % pour les revenus 2026 d’une location meublée non professionnelle. Les cotisations sociales, dès que les recettes d’une location de courte durée dépassent 23 000 € par an : le loueur est alors affilié à la sécurité sociale des indépendants, même s’il n’est pas loueur professionnel, sauf option pour le régime général. Et la cotisation foncière des entreprises (CFE), due au titre d’une activité commerciale, sauf exonération.
- 23 000 €
- de recettes : le seuil d’affiliation en courte durée
- 18,6 %
- de prélèvements sociaux, revenus 2026
- 87 %
- l’abattement du régime général pour un meublé de tourisme
Prélèvements sociaux et cotisations : deux choses différentes
Les prélèvements sociaux frappent les revenus du patrimoine. Ils se calculent sur le bénéfice que vous déclarez à l’impôt — après l’abattement du micro-BIC, ou après les charges au régime réel — et arrivent avec l’avis d’impôt. Ils ne vous ouvrent aucun droit.
Les cotisations sociales financent votre propre protection sociale. Elles supposent une affiliation, et elles ne concernent le loueur qu’au-delà d’un certain niveau d’activité. C’est ce seuil qu’il faut surveiller.
Sous 23 000 € : les prélèvements sociaux seulement
Pour les revenus 2026, le bénéfice d’une location meublée non professionnelle supporte 18,6 % de prélèvements sociaux : CSG de 10,6 %, CRDS de 0,5 % et prélèvement de solidarité de 7,5 %.
La location nue reste à 17,2 %. L’écart vient du relèvement de la CSG sur les revenus du patrimoine à 10,6 %, dont les seuls revenus fonciers sont restés exclus, à 9,2 % (article L. 136-8 (nouvel onglet) du code de la sécurité sociale) : les bénéfices de la location meublée, qui sont des BIC, n’en profitent pas.
Au-delà de 23 000 € : l’affiliation, même sans être LMP
L’article L. 611-1 (nouvel onglet) du code de la sécurité sociale affilie à la sécurité sociale des indépendants deux catégories de loueurs :
- ceux dont les recettes de location de logements meublés dépassent 23 000 € par an, quand ces logements sont loués à une clientèle de passage qui y séjourne à la journée, à la semaine ou au mois et n’y élit pas domicile — c’est-à-dire en meublé de tourisme
- les loueurs en meublé professionnels (LMP), quelle que soit la durée des locations
Ce que ce seuil a de piégeux
Le premier cas ne demande pas d’être LMP. Un salarié qui encaisse 30 000 € de recettes sur un meublé de tourisme reste loueur non professionnel — ses salaires dépassent ses recettes —, mais il est affilié et doit des cotisations. C’est la confusion la plus fréquente sur le sujet.
Le seuil se compte en recettes, pas en bénéfice : ce que vous encaissez, avant abattement et avant charges.
Trois façons de cotiser
Une fois affilié, trois régimes existent, et le classement du logement décide de ceux qui vous sont ouverts :
- le régime des travailleurs indépendants, de droit commun : cotisations calculées sur le bénéfice
- le micro-entrepreneur : cotisations proportionnelles aux recettes, au taux de 6 % pour la location de meublés de tourisme et de 21,2 % pour la location meublée de longue durée (service-public (nouvel onglet))
- l’option pour le régime général, ouverte par l’article L. 311-3, 35° (nouvel onglet) du même code tant que les recettes ne dépassent pas le seuil du micro-BNC, 83 600 € : les cotisations sont calculées sur les recettes diminuées d’un abattement de 60 %, porté à 87 % pour la location de meublés de tourisme
Classé ou non classé : des options différentes
Service-public détaille ce qui s’applique en 2026 entre 23 000 € et 83 600 € de recettes. Un meublé de tourisme classé peut choisir le micro-entrepreneur ou le régime général si ses recettes 2024 ou 2025 n’ont pas dépassé 77 700 € ; au-delà, il relève des travailleurs indépendants. Un meublé de tourisme non classé relève du régime des travailleurs indépendants.
Au-dessus de 83 600 €, tous relèvent des travailleurs indépendants. Le classement, déjà décisif pour l’impôt, l’est donc aussi pour les cotisations.
LMNP ou LMP : ce que change le statut
Vous êtes loueur en meublé professionnel si deux conditions sont réunies (article 155 IV (nouvel onglet) du code général des impôts) : les recettes de location meublée de l’ensemble du foyer fiscal dépassent 23 000 €, et elles dépassent les autres revenus d’activité du foyer — salaires, autres BIC, BNC, bénéfices agricoles. Les recettes s’entendent toutes taxes comprises, charges comprises.
Trois conséquences. L’affiliation est obligatoire, quelle que soit la durée des locations. Les déficits échappent à la restriction qui frappe le loueur non professionnel, dont les déficits ne s’imputent que sur des revenus de location meublée, pendant dix ans. Et la revente relève des plus-values professionnelles, avec une exonération possible après cinq ans d’activité.
Côté LMNP, la revente suit le régime des plus-values des particuliers — mais, depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits au régime réel viennent réduire le prix d’acquisition, donc augmenter la plus-value imposable. Les résidences étudiantes et les établissements pour personnes âgées ou handicapées sont exclus de cette règle.
La CFE, due même en LMNP
L’administration fiscale considère la location meublée comme une activité commerciale : elle entre dans le champ de la cotisation foncière des entreprises, y compris pour un particulier. Deux exonérations s’appliquent de plein droit (article 1459 (nouvel onglet) du code général des impôts) : la location accidentelle d’une partie de son habitation personnelle, sans caractère périodique, et la location d’une ou plusieurs pièces de sa résidence principale à un locataire qui en fait la sienne, à un prix raisonnable.
Deux autres s’appliquent sauf délibération contraire de la commune ou de l’intercommunalité : la location en meublé de tout ou partie de son habitation personnelle, et celle de locaux classés meublés de tourisme compris dans l’habitation personnelle. Votre commune a pu les supprimer : c’est à vérifier.
Pour les autres, trois allègements. L’année de création, l’activité est exonérée, et la base est réduite de moitié l’année suivante. Et en dessous de 5 000 € de recettes, vous êtes exonéré de la cotisation minimum. La déclaration initiale se fait sur le formulaire 1447-C, avant le 31 décembre de l’année de début d’activité.
Vos recettes sont connues
Les plateformes déclarent à l’administration fiscale, avant le 31 janvier, les recettes perçues l’année précédente par chaque loueur, logement par logement, et vous en adressent un récapitulatif. En France, ces informations sont également transmises aux organismes sociaux.
Le dépassement du seuil de 23 000 € n’a donc rien d’invisible. Et la déclaration de début d’activité, qui vous donne un SIRET, reste due dans les quinze jours du premier jour de location, que vous soyez LMNP ou LMP.
Votre situation, précisément.
Non
Je loue ma résidence secondaire en courte durée, 12 000 € de recettes par an. Dois-je cotiser ?
Sous 23 000 € de recettes, pas d’affiliation ni de cotisations sociales. Vous payez les prélèvements sociaux, 18,6 % du bénéfice imposable pour les revenus 2026. La CFE, elle, peut être due.
Oui
Je suis salarié et mon meublé de tourisme fait 30 000 € de recettes. Dois-je cotiser ?
Vous restez LMNP, puisque vos salaires dépassent vos recettes. Mais au-delà de 23 000 € de recettes en courte durée, vous êtes affilié à la sécurité sociale des indépendants, sauf option pour le régime général si votre situation y donne accès.
Non
Je loue à l’année un meublé à un étudiant, 9 600 € de loyers. Dois-je cotiser ?
Le seuil d’affiliation de 23 000 € en courte durée ne vous vise pas, et vous n’êtes pas LMP. Vous devez les prélèvements sociaux sur le bénéfice. Pour la CFE, une exonération de plein droit existe seulement si le logement loué est une partie de votre propre résidence principale.
Ça dépend
Mon meublé de tourisme n’est pas classé et dépasse 23 000 €. Puis-je choisir le régime général ?
Selon service-public, un meublé de tourisme non classé relève en 2026 du régime des travailleurs indépendants entre 23 000 € et 83 600 € de recettes, quand un meublé classé peut opter pour le micro-entrepreneur ou le régime général. Faites confirmer votre cas par l’URSSAF au moment de l’affiliation.
Erreurs fréquentes
Croire que seuls les LMP cotisent
En courte durée, l’affiliation joue dès 23 000 € de recettes, même pour un loueur non professionnel dont les salaires sont plus élevés.
Compter le seuil sur le bénéfice
Les 23 000 € s’apprécient sur les recettes encaissées, avant abattement et avant charges.
Oublier la CFE
La location meublée est une activité commerciale au sens de la CFE. Sauf exonération, l’avis arrive dès la deuxième année — et la déclaration 1447-C se dépose avant le 31 décembre de la première.
Appliquer 17,2 % à un meublé
Pour les revenus 2026, le taux de 17,2 % ne vaut plus que pour la location nue. La location meublée non professionnelle supporte 18,6 %.
Votre checklist.
- Suivre ses recettes annuelles de courte durée, tous logements et plateformes confondus, face au seuil de 23 000 €
- Vérifier les deux conditions du statut LMP à l’échelle du foyer fiscal
- Au-delà du seuil, choisir son régime à l’affiliation — en tenant compte du classement
- Déclarer le début d’activité dans les quinze jours et obtenir un SIRET
- Déposer la déclaration 1447-C avant le 31 décembre de la première année
- Vérifier si votre commune a supprimé les exonérations de CFE de l’article 1459, 3°
Questions fréquentes
À partir de quel montant un loueur de meublé de tourisme doit-il cotiser à l’URSSAF ?
Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles de location de courte durée à une clientèle de passage. L’affiliation à la sécurité sociale des indépendants s’impose alors, même sans être loueur professionnel, sauf option pour le régime général.
Quel est le taux des prélèvements sociaux sur une location meublée ?
18,6 % pour les revenus 2026 d’une location meublée non professionnelle : CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %. La location nue reste à 17,2 %.
Quelle différence entre LMNP et LMP ?
Le LMP réunit deux conditions : plus de 23 000 € de recettes de location meublée pour le foyer, et des recettes supérieures à ses autres revenus d’activité. Il est affilié aux cotisations sociales, impute ses déficits sans la restriction des non professionnels, et relève des plus-values professionnelles.
Un LMNP doit-il payer la CFE ?
Oui en principe, la location meublée étant une activité commerciale. Des exonérations existent : de plein droit pour certaines locations d’une partie de sa résidence principale, et sauf délibération contraire de la commune pour la location de son habitation personnelle. L’année de création est exonérée, et sous 5 000 € de recettes on échappe à la cotisation minimum.
Qu’est-ce que l’abattement de 87 % ?
C’est l’abattement appliqué aux recettes d’un loueur de meublé de tourisme qui opte pour le régime général de la sécurité sociale : ses cotisations sont calculées sur 13 % de ses recettes. Il est de 60 % pour les autres locations meublées.