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Sous-louer quand on est locataire

C’est possible, mais l’accord écrit du propriétaire est la condition de tout le reste — et son absence ne coûte pas une amende : elle coûte les loyers encaissés.

5 min de lecturesources vérifiées

La réponse, en bref

L’article 8 de la loi du 6 juillet 1989 pose une règle simple : un locataire ne peut ni céder son bail ni sous-louer le logement sauf avec l’accord écrit du bailleur, y compris sur le prix. Le loyer de sous-location ne peut excéder, au mètre carré de surface habitable, celui que paie le locataire principal. Sans cet accord, la sous-location est illicite — et depuis un arrêt de la Cour de cassation du 12 septembre 2019, les sous-loyers perçus reviennent au propriétaire.

Écrit

l’accord du bailleur — un oral ne vaut rien

Prix plafonné

au loyer payé, par mètre carré habitable

Sous-loyers dus

au propriétaire, si l’accord manque

La règle, et ce qu’elle exige vraiment

L’accord doit porter sur deux objets distincts : le principe de la sous-location, et le prix. Un bailleur qui accepte le principe sans se prononcer sur le montant n’a pas donné l’accord que la loi exige.

Il doit être écrit. Un accord verbal, un silence prolongé, une tolérance ancienne ou un bailleur « au courant » ne valent pas accord — c’est le point sur lequel les locataires se trompent le plus souvent, et il ne se rattrape pas après coup.

Le locataire doit ensuite transmettre au sous-locataire l’autorisation écrite du bailleur et une copie du bail en cours. Le sous-locataire n’a aucun lien juridique direct avec le propriétaire : c’est cette transmission qui lui permet de savoir sur quoi il s’engage.

Le plafond de prix

Le loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal. La sous-location n’est pas conçue pour dégager une marge : elle permet de ne pas payer un logement qu’on n’occupe pas.

Le calcul se fait au mètre carré, ce qui a une conséquence pratique : sous-louer une chambre de 12 m² dans un logement de 40 m² loué 800 € ne permet pas de demander 800 €, mais au plus la part proportionnelle. Un sous-locataire qui a payé au-delà du plafond peut en demander en justice la restitution.

Ce que coûte l’absence d’accord

Deux risques, de nature différente. Le premier est contractuel : le bailleur peut demander en justice la résiliation du bail pour manquement, et l’expulsion qui s’ensuit.

Le second est financier, et il est plus lourd que la plupart des gens ne l’imaginent. Par un arrêt du 12 septembre 2019, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a jugé, sur le fondement des articles 546 et 547 du code civil, que les sous-loyers perçus sans autorisation constituent des fruits civils qui reviennent au propriétaire par accession. Autrement dit : le locataire ne rend pas une marge, il rend l’intégralité de ce qu’il a encaissé, sans déduction de ses propres loyers ni de ses frais.

Cette jurisprudence a été rendue dans une affaire de location de courte durée sur plateforme, et c’est ce qui la rend redoutable : sur plusieurs années, les sommes en jeu dépassent largement le loyer du logement.

L’accord ne dispense d’aucune autre règle

Obtenir l’accord écrit du bailleur règle la question entre le locataire et lui. Cela ne règle rien avec la commune, la copropriété ou l’administration fiscale.

Sous-louer en meublé de tourisme suppose, comme pour un propriétaire, de respecter le numéro d’enregistrement quand la commune l’impose, la limite de 120 jours si le logement est la résidence principale du sous-loueur, et le cas échéant les règles de changement d’usage. Le règlement de copropriété peut par ailleurs interdire l’activité, indépendamment de l’avis du bailleur.

Les revenus tirés de la sous-location sont imposables, et relèvent en principe des bénéfices industriels et commerciaux comme pour un loueur en meublé.

Le cas du logement social

Dans le parc social, la règle est plus stricte que le droit commun : la sous-location est en principe interdite, et l’accord du bailleur ne suffit pas à la rendre licite. Des exceptions étroites existent, notamment au profit de personnes âgées ou handicapées dans des conditions encadrées.

Sous-louer un logement social sur une plateforme expose à la perte du droit au maintien dans les lieux, en plus des conséquences financières décrites plus haut.

Votre situation, précisément.

Mon propriétaire sait que je sous-loue et n’a jamais rien dit.

Non

La tolérance n’est pas un accord. La loi exige un écrit portant aussi sur le prix ; son absence rend la sous-location illicite, quelle que soit l’ancienneté de la situation. Le silence n’empêche pas une demande de restitution des sous-loyers.

Je pars trois semaines et je laisse mon appartement à un ami, gratuitement.

Oui

Héberger quelqu’un à titre gratuit n’est pas une sous-location : il n’y a pas de loyer. Le locataire reste responsable du logement et de ce qui s’y passe, mais l’article 8 ne s’applique pas.

Mon bail ne dit rien sur la sous-location.

Non

Le silence du bail ne vaut pas autorisation : c’est la loi qui pose l’interdiction de principe, et il faut un accord écrit pour y déroger. Une clause du bail est utile pour préciser les modalités, pas pour créer le droit.

J’ai l’accord écrit du propriétaire, ma commune impose l’enregistrement.

Ça dépend

L’accord règle votre rapport au bailleur, pas vos obligations publiques. Il vous faut le numéro d’enregistrement, et respecter les limites applicables à la commune — la sous-location n’est pas un régime dérogatoire.

Ce qui a changé.

  1. 12 septembre 2019

    Les sous-loyers non autorisés reviennent au propriétaire

    Par l’arrêt n° 18-20.727, la troisième chambre civile de la Cour de cassation juge que les sous-loyers perçus sans l’accord du bailleur sont des fruits civils qui lui reviennent par accession (articles 546 et 547 du code civil). Le locataire restitue l’intégralité des sommes encaissées.

Les erreurs qu’on voit le plus.

Se contenter d’un accord oral

La loi exige un écrit, portant aussi sur le prix. Un accord verbal ou une tolérance ne protègent de rien le jour où le bailleur change d’avis — ou change tout court.

Croire que le risque est une amende

Le risque principal est la restitution de l’intégralité des sous-loyers perçus au propriétaire, sans déduction des loyers payés ni des frais engagés.

Dépasser le plafond de prix

Le loyer au mètre carré habitable ne peut excéder celui payé par le locataire principal. Le sous-locataire peut demander en justice la restitution du trop-perçu.

Oublier les règles publiques

Enregistrement, limite de 120 jours, changement d’usage, règlement de copropriété : l’accord du bailleur n’en dispense d’aucune.

Votre checklist.

  • Demander l’accord par écrit, en mentionnant le prix envisagé
  • Conserver l’accord signé — c’est la seule preuve qui compte
  • Vérifier que le prix au m² ne dépasse pas votre propre loyer au m²
  • Transmettre au sous-locataire l’accord et une copie du bail
  • Vérifier les obligations de la commune : enregistrement, 120 jours, changement d’usage
  • Lire le règlement de copropriété avant de publier une annonce
  • Déclarer les revenus tirés de la sous-location

On nous demande aussi.

Un locataire peut-il sous-louer son logement ?

Oui, mais uniquement avec l’accord écrit du bailleur, portant à la fois sur le principe et sur le prix. Sans cet accord, la sous-location est illicite.

Que risque-t-on à sous-louer sans autorisation ?

La résiliation du bail, et surtout la restitution au propriétaire de l’intégralité des sous-loyers perçus : la Cour de cassation les qualifie de fruits civils lui revenant par accession.

À quel prix peut-on sous-louer ?

Au plus au loyer payé par le locataire principal, rapporté au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués. Le sous-locataire peut réclamer le trop-perçu.

Héberger un ami gratuitement est-il une sous-location ?

Non. Sans loyer, il n’y a pas de sous-location au sens de l’article 8 de la loi de 1989. Le locataire reste responsable du logement.

Peut-on sous-louer un logement social ?

En principe non : la sous-location y est interdite, avec des exceptions étroites et encadrées. L’accord du bailleur ne suffit pas à la rendre licite.

portaki.Ce que Portaki fait

Ce que Portaki fait sur ce point

Si votre sous-location est autorisée et déclarée, le livret porte les mêmes informations que pour n’importe quel séjour : accès, Wi-Fi, consignes, formalités demandées par la commune.

Portaki ne rédige pas la demande d’accord au bailleur et ne vérifie pas que vous l’avez obtenue. Cette autorisation est un préalable, pas une formalité de séjour.

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Ce guide décrit l’état des textes et de la jurisprudence à la date de vérification indiquée. Une sous-location engage votre bail : en cas de doute, faites relire votre situation par un professionnel avant de publier une annonce.

Sous-location autorisée ? Le livret suit.

Accès, Wi-Fi, consignes, formalités : ce que le sous-locataire doit savoir tient sur un lien, et se met à jour tout seul.

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