Le livret d’accueil d’une location saisonnière

Rédigé par Cyril ColinetPublié le 9 min de lecture

Le livret d’accueil n’a aucune définition légale. Aucun texte ne dit ce qu’il contient, ni dans quelle langue, ni sous quelle forme. Un seul le nomme : la grille de classement des meublés de tourisme, dont le critère 101 exige sa mise à disposition à partir de trois étoiles. En dessous, il rapporte 2 points sans être exigé. Hors classement, rien ne l’impose. Mais plusieurs informations qu’il porte, elles, sont obligatoires ailleurs.

Critère 101
sa seule mention dans un texte
3 étoiles
le seuil à partir duquel il est exigé
2 points
ce qu’il rapporte en 1 et 2 étoiles
Suis-je concerné ?
01Votre meublé est-il classé, ou visez-vous un classement ?
Non →Aucune obligation. Hors classement, aucun texte n’impose le livret. Les informations qu’il porte, elles, restent dues : état descriptif, numéro d’enregistrement, fiche de police, taxe de séjour.
02Visez-vous trois étoiles ou plus ?
Non →À la carte. En 1 et 2 étoiles, le critère 101 est optionnel. Ses 2 points comptent dans votre total, sans être exigés : vous pouvez les rattraper ailleurs dans la grille.
03Vos codes, horaires ou consignes changent-ils d’un séjour à l’autre ?

Livret exigé par le critère 101

Oui · informations variablesLe livret doit pouvoir être modifié entre deux séjours. Le papier impose une réimpression à chaque fois, donc ne sera pas modifié.
Non · informations stablesUn livret papier tient, à condition de le relire à chaque changement de règle et de ne pas y imprimer de code d’accès.

Qu’est-ce qu’un livret d’accueil, juridiquement ?

Rien. C’est la première chose à comprendre, et elle évite beaucoup de confusion : le livret d’accueil n’est pas un objet du droit français. Le code du tourisme ne le définit pas. Le code civil ne le connaît pas. Aucun arrêté ne fixe son contenu, son format ou sa langue.

Il existe pourtant dans un texte, et un seul : l’annexe de l’arrêté du 2 août 2010 (nouvel onglet), qui fixe la grille de classement des meublés de tourisme. Son critère 101 s’intitule « Mise à disposition d’un livret d’accueil ». Il vaut 2 points, dans le chapitre 2 « Services aux clients », rubrique « Qualité et fiabilité de l’information client ».

Le critère voisin, le 100, est plus exigeant : « Mise à disposition de brochures d’informations locales et touristiques en français et dans au moins une langue étrangère ». Celui-là est obligatoire dès une étoile, et vaut 3 points.

C’est donc la grille de classement qui porte toute l’obligation. Et elle ne dit rien du contenu : elle exige la mise à disposition, pas une liste de rubriques. L’organisme qui visite votre logement constate qu’un livret existe et qu’il est accessible. Ce qu’il raconte vous appartient.

Est-il obligatoire ?

Trois réponses, selon votre situation.

Meublé classé 3, 4 ou 5 étoiles : oui. Le critère 101 est marqué obligatoire. Sans livret, le classement dans ces catégories n’est pas obtenu.

Meublé classé 1 ou 2 étoiles : non, mais. Le critère est dit « à la carte ». Ses 2 points entrent dans le total de points optionnels qu’il faut atteindre pour être classé. Vous pouvez vous en passer, à condition de rattraper ces points ailleurs dans la grille. Le guide du classement détaille le mécanisme.

Meublé non classé : non. Aucun texte ne vous impose de livret. C’est le cas de la grande majorité des locations saisonnières, y compris sur les plateformes.

Cette troisième réponse est celle qui trompe. Pas d’obligation de livret ne veut pas dire pas d’obligation d’information. Plusieurs documents sont dus au voyageur, avant ou pendant le séjour, quel que soit votre classement. Le livret est simplement le véhicule le plus commode pour les porter.

Les obligations qui passent par lui

Voici ce qui est réellement dû, avec le texte qui le fonde. Aucune de ces obligations ne s’appelle « livret d’accueil », et toutes finissent dedans.

  • L’état descriptif des lieux. Remis au candidat locataire avant la conclusion du contrat, par l’arrêté du 16 mai 1967. Localisation, mobilier, équipements, prix, dépôt de garantie, numéro d’enregistrement. Voir le guide du contrat.
  • Le numéro d’enregistrement. À reporter sur chaque annonce, et généralisé à toutes les communes avec le téléservice national. Le guide du NER dit qui déclare et comment.
  • La fiche individuelle de police. Pour tout voyageur de nationalité étrangère, Union européenne comprise. Conservation six mois. Le guide de la fiche de police détaille le périmètre, plus large qu’on ne le croit.
  • La taxe de séjour. Son montant et son mode de calcul doivent être portés à la connaissance du voyageur. Le barème est communal : le guide de la taxe de séjour explique où le lire.
  • Le règlement intérieur. Il n’engage le voyageur que s’il l’a accepté avant de réserver. Le guide du règlement intérieur détaille ce qui tient et ce qui ne tient pas.

Le piège du règlement intérieur dans le livret

C’est l’erreur la plus coûteuse du sujet, et elle est invisible tant qu’aucun litige n’arrive. Un règlement découvert à l’arrivée, dans le livret posé sur la table, n’engage pas le voyageur. L’opposabilité suppose qu’il en ait eu connaissance avant de s’engager.

Le livret peut parfaitement rappeler les règles. Il ne peut pas les créer. Elles doivent figurer dans l’annonce ou dans le contrat, acceptées avant la réservation. Le livret n’est alors qu’un second exemplaire, bien utile, sans valeur ajoutée juridique.

Que doit-il contenir ?

Puisqu’aucun texte ne l’impose, la question devient pratique : qu’est-ce qui, absent du livret, vous vaudra un appel pendant le séjour ? Six familles d’informations, par ordre de fréquence des appels.

L’arrivée. Adresse exacte et comment y accéder en voiture, en train, à pied. Où se garer, et si le stationnement est payant. Le code de la porte d’immeuble, celui de la boîte à clés, l’étage. Les horaires d’arrivée et de départ.

Le logement qui fonctionne. Le Wi-Fi, nom du réseau et mot de passe. Le chauffage et sa commande. Les plaques, le four, la machine à laver : le voyageur n’a aucun mode d’emploi. Le disjoncteur, le robinet d’arrêt d’eau.

La sécurité. Où se trouve le détecteur de fumée, l’extincteur s’il y en a un, la trousse de secours. Le numéro d’urgence européen, le 112. Votre numéro, et le délai sous lequel vous répondez.

Les règles du séjour. Rappel de ce qui a été accepté à la réservation : animaux, fumeurs, nombre d’occupants, horaires de calme. Rappel seulement, voir l’encadré ci-dessus.

Le quartier. La boulangerie, la supérette, la pharmacie, le médecin, les horaires du marché. C’est la partie que les voyageurs lisent le plus, et celle qui nourrit le critère 100 quand elle est aussi en anglais.

Le départ. Ce qu’il faut faire des draps, de la poubelle, des clés. L’heure limite. Ce qui vous évite de le découvrir sur place.

Papier ou numérique ?

Le classeur plastifié sur la table basse a une qualité réelle : il ne tombe jamais en panne, et il ne demande pas de réseau. C’est à peu près tout.

Son premier défaut est le plus grave : il contient vos codes. Le code de l’immeuble, celui de la boîte à clés, parfois l’alarme. Imprimés, ils restent dans le logement entre deux séjours, lisibles par tous ceux qui y passent. Ils ne changent jamais, parce que les changer imposerait de réimprimer.

Le deuxième est qu’il ment vite. La boulangerie ferme, le code du portail change, le barème de la taxe de séjour est révisé. Chaque correction demande une réimpression. En pratique, personne ne le fait.

Le troisième est qu’il n’est pas là quand on en a besoin. Le voyageur cherche l’adresse dans le train, le code devant la porte à 23 h, la pharmacie depuis la rue. Le classeur, lui, est resté dans le logement.

Le quatrième est qu’il ne se traduit pas. Le critère 100 demande au moins une langue étrangère : en papier, cela fait un second classeur.

Un livret numérique répond aux quatre, à une condition : tenir sur un lien, sans application à installer. Un PDF envoyé par email retombe dans les mêmes travers, avec l’illisibilité sur mobile en plus.

Comment passer au numérique sans tout refaire

La bonne nouvelle est que le contenu existe déjà. Il est dans votre classeur, dans vos messages de confirmation, dans les réponses que vous retapez à chaque séjour. Le passage au numérique est un travail de rangement, pas de rédaction.

Quatre étapes suffisent.

  • Rassembler. Reprenez vos trois derniers échanges avec des voyageurs et notez chaque question posée. C’est votre sommaire, écrit par vos clients.
  • Séparer ce qui bouge de ce qui ne bouge pas. L’adresse ne change pas. Le code change, ou devrait. Les deux ne se gèrent pas pareil.
  • Mettre les codes à part. Ils doivent pouvoir être modifiés entre deux séjours, et n’apparaître qu’au bon moment, pas trois semaines avant l’arrivée.
  • Traduire la partie quartier. C’est celle qui est lue, et celle que vise le critère 100. Le reste peut attendre.

Quand le mettre à jour ?

Trois déclencheurs, et un rythme de fond.

À chaque changement de code. C’est le seul qui ne souffre aucun délai. Un code changé dans la serrure mais pas dans le livret produit un voyageur bloqué dehors, et un appel à 22 h.

À chaque changement de règle. Taxe de séjour revalorisée, numéro d’enregistrement obtenu, plafond de nuits abaissé par votre commune : tout cela se répercute. Si votre logement est votre résidence principale, le décompte des 120 jours change aussi ce que vous pouvez annoncer.

À chaque remarque de voyageur. Une question posée deux fois est une information manquante. C’est le meilleur signal d’entretien qui existe, et il est gratuit.

Au-delà, une relecture complète par an suffit, de préférence avant la haute saison. Datez-la : vous saurez quand vous l’avez faite.

Welcome book, book d’accueil, guide voyageur : le même objet

Les appellations varient selon d’où vient l’hôte. Livret d’accueil Airbnb, livret d’accueil gîte, welcome book, book d’accueil, guide voyageur : il s’agit du même document, et aucune de ces expressions n’a de portée juridique particulière.

La seule qui compte est celle de la grille de classement, « livret d’accueil », parce que c’est elle que l’organisme visiteur coche. Si vous visez le classement, c’est ce mot qu’il faut savoir rattacher au critère 101. Le reste est affaire d’habitude.

Votre situation, précisément.

Non

Je loue sur Airbnb, pas en gîte. Le livret d’accueil Airbnb obéit-il à d’autres règles ?

Non. La plateforme ne change rien au droit applicable. Un livret d’accueil Airbnb, un livret d’accueil gîte et un welcome book sont le même objet : seul le classement en meublé de tourisme crée une obligation, par le critère 101, quelle que soit la plateforme utilisée.

Ça dépend

Mon meublé n’est pas classé. Puis-je m’en passer complètement ?

Du livret, oui : aucun texte ne l’impose hors classement. Des informations qu’il contient, non. L’état descriptif est dû avant la conclusion du contrat, le numéro d’enregistrement doit figurer sur l’annonce, et la fiche de police concerne tout voyageur étranger.

Oui

J’ai trois étoiles et un livret papier dans le logement. Le critère est-il rempli ?

Oui. Le critère 101 exige la « mise à disposition » d’un livret, sans imposer de support. Un classeur accessible au voyageur suffit à le valider. Le numérique est un choix de confort et de sécurité, pas une exigence de la grille.

Non

Puis-je mettre mon règlement intérieur dans le livret pour qu’il s’applique ?

Non. Une règle découverte à l’arrivée n’engage pas le voyageur : l’opposabilité suppose qu’il l’ait acceptée avant de réserver. Le livret peut la rappeler, pas la créer. Voir le guide du règlement intérieur.

Non

Le livret remplace-t-il l’état descriptif des lieux ?

Non, et les confondre coûte cher. L’état descriptif se remet avant la conclusion du contrat, et des renseignements inexacts y sont sanctionnés. Le livret arrive après, une fois la réservation faite. Deux documents, deux moments, deux fonctions.

Ça dépend

Dois-je le traduire en anglais ?

Le critère 101 ne l’exige pas. Le critère 100, lui, impose des informations locales et touristiques « en français et dans au moins une langue étrangère », et il est obligatoire dès une étoile. Si vous êtes classé, la partie quartier doit donc exister dans une seconde langue.

Ça dépend

Mon logement est ma résidence principale, louée quelques week-ends par an.

Le livret suit les mêmes règles : rien hors classement. En revanche votre décompte de 120 jours court, et votre commune peut l’avoir abaissé à 90. C’est une information à tenir à jour de votre côté, pas dans le livret.

Erreurs fréquentes

Imprimer les codes d’accès

Un code imprimé ne change jamais, parce que le changer impose de réimprimer. Il reste lisible par tous ceux qui passent dans le logement, entre deux séjours compris.

Croire que le livret crée des règles

Un règlement découvert à l’arrivée n’engage pas le voyageur. Il doit avoir été accepté avant la réservation pour être opposable.

Le confondre avec l’état descriptif

L’état descriptif est dû avant la conclusion du contrat, et des renseignements inexacts y sont sanctionnés. Le livret arrive après, et n’a pas cette fonction.

L’écrire une fois pour toutes

Un livret qui n’a pas bougé depuis deux ans ment sur au moins trois points. Les commerces ferment, les barèmes changent, les codes aussi.

Votre checklist.

  • Adresse exacte, accès en voiture et en transports, stationnement
  • Codes d’immeuble, de boîte à clés et d’alarme, modifiables entre deux séjours
  • Horaires d’arrivée et de départ
  • Wi-Fi : nom du réseau et mot de passe
  • Mode d’emploi du chauffage, des plaques, du four et de la machine à laver
  • Disjoncteur, robinet d’arrêt d’eau, détecteur de fumée
  • Numéro d’urgence 112, votre numéro et votre délai de réponse
  • Rappel des règles acceptées à la réservation, sans en ajouter
  • Commerces, pharmacie, médecin, marché, en français et dans une langue étrangère
  • Consignes de départ : draps, poubelles, clés, heure limite
  • Date de dernière mise à jour, visible

Questions fréquentes

Le livret d’accueil est-il obligatoire en location saisonnière ?

Seulement si vous êtes classé meublé de tourisme à partir de trois étoiles : le critère 101 de la grille de classement l’exige. En 1 et 2 étoiles il rapporte 2 points sans être exigé. Hors classement, aucun texte ne l’impose.

Qu’est-ce que le critère 101 ?

C’est la ligne « Mise à disposition d’un livret d’accueil » de la grille de classement des meublés de tourisme, annexe de l’arrêté du 2 août 2010. Elle vaut 2 points, dans la rubrique « Qualité et fiabilité de l’information client », et devient obligatoire à partir de trois étoiles.

Un livret numérique vaut-il un livret papier pour le classement ?

Oui. Le critère exige une mise à disposition, sans imposer de support. Un livret accessible par lien remplit la condition comme un classeur posé sur la table.

Que doit contenir un livret d’accueil pour un gîte ou un Airbnb ?

Aucun texte ne fixe son contenu. En pratique : accès et stationnement, codes, Wi-Fi, mode d’emploi des équipements, sécurité, rappel des règles acceptées à la réservation, adresses du quartier, consignes de départ.

Le livret d’accueil peut-il servir de règlement intérieur ?

Non. Une règle n’est opposable au voyageur que s’il l’a acceptée avant de réserver. Le livret peut la rappeler, il ne peut pas la créer.

Ce que Portaki fait du livret d’accueil.

Portaki est un livret de séjour qui tient sur un lien, sans application à installer. Le voyageur l’ouvre depuis le message de confirmation, dans le train comme devant la porte.

Le livret change selon le moment : un écran avant l’arrivée, les codes la veille, tout le séjour pendant, les consignes de départ à la fin. Les codes d’accès ne sont donc pas exposés trois semaines à l’avance, et se modifient entre deux séjours sans rien réimprimer.

Le contenu est fait de modules. Leur code est public sous licence Apache-2.0 : ce que le livret fait de vos codes d’accès se vérifie.

Les modules du livret

Un livret que vos voyageurs ouvrent vraiment. Vague 1 en mai 2027.

Sur un lien, sans application. Les codes la veille, pas trois semaines avant.

Vague 1 : 6 mois de Starter prévus, sans carte bancaire. Sans engagement.